Homère L’Iliade (Le prix du sang)


Publié le mercredi 10 avril 2019


Homère, Illiade, XVIII, page 425, Éditions Gallimard, 1955.

 

Quant aux hommes, ils sont assemblés sur la place. Là s’élève un conflit suscité par un meurtre, et pour le prix du sang, deux hommes se querellent : l’un se targue d’avoir payé toute sa dette et le déclare au peuple; l’autre de son côté, nie avoir rien reçu. Tous deux, pour en finir, ils réclament un juge.  La foule pousse alors des clameurs opposées, chacun prenant son parti soit pour l’un, soit pour l’autre.  Des hérauts la contiennent.  Les anciens vont s’asseoir dans un cercle sacré, sur des pierres polies.  Des hérauts à voix claire ils reçoivent le sceptre, et chacun tour à tour pour donner son avis se lève, sceptre en main.  À terre, au milieu d’eux, gisent deux talents d’or : ils seront à celui qui, d’eux tous, aura dit la plus droite sentence.

(Dans l’organisation sociale que décrit le poète, quand un meurtre a été commis, la famille ou le clan de la victime poursuit le meurtrier pour le tuer, mais le coupable peut obtenir, par l’entremise de son propre clan, que les parents du mort abandonnent la vengeance en recevant la rançon du meurtre commis : le prix du sang.)